Concrètement, ça veut dire quoi s’adapter ?
Grandes cultures
Généralités
Dans les cultures végétales, la résistance à la canicule et au stress de la sécheresse joue un rôle de plus en plus important. La culture de variétés robustes, résistantes et à bon rendement constitue une mesure d’adaptation intéressante pour l’agriculture. Le rapport « Les grandes cultures résilientes au climat à l’horizon 2035 » de la station de recherche Agroscope traite en particulier de la sécheresse et présente la situation actuelle et les perspectives.
Il est attendu du domaine de la sélection végétale qu’il prenne en compte les nouvelles exigences et augmente la résistance des plantes. Actuellement, peu de variétés se prêtent à la culture dans de nouvelles conditions. En revanche, pour les espèces végétales tolérantes et nouvelles dans notre pays, la question est de savoir si la culture fonctionne bien dans nos conditions et si le marché, c’est-à-dire, les consommateurs et consommatrices, est preneur.
Comme le changement climatique n’affecte pas toutes les variétés et espèces de la même manière, il est possible de répartir les risques pour une exploitation en la diversifiant. Ainsi, le blé et les lentilles peuvent être plus résistants aux conditions météorologiques au cours d’une année difficile pour les betteraves, par exemple. Disposer de différentes cultures permet donc de garantir un revenu aux producteurs et productrices.
Certaines méthodes de culture et techniques aident également l’agriculture à s’adapter. Les cultures associées ou le semis direct en sont des exemples.
Irrigation et stockage de l’eau
Pour assurer la quantité et la qualité de la récolte lors d’une année sèche, le secteur agricole irrigue différentes cultures. Les légumes, les fruits poussant sur des arbres basse tige et les baies en particulier ont besoin de beaucoup d’eau.
Pour se préparer aux conditions sèches à venir, les exploitations dont la part de cultures ayant besoin d’irrigation est importante peuvent recourir aux pompes à eau, aux conduites d’eau directes ou circulaires ainsi qu’à des installations d’irrigation. Ces investissements valent la peine uniquement dans les cultures à forte valeur ajoutée. Pour les céréales ou les prairies, ils ne sont pas rentables, même dans des scénarios climatiques extrêmesS13. Face à l’augmentation des besoins, les ressources en eau disponibles vont se raréfier, notamment en été et en automne. En effet, les prévisions indiquent un déplacement des précipitations vers l’hiver et le printemps, principalement sous forme de pluie. Les réserves hivernales de neige, qui alimentent les vallées en eau au printemps et en été, menacent de s’épuiser. En Suisse, chaque canton est responsable de l’utilisation de ses propres ressources en eau. Il est donc important de collecter des données sur les besoins des différents groupes d’utilisateurs et sur les réserves disponibles tout au long de l’année.
Le problème des changements du climat et des précipitations exige une gestion parcimonieuse de l’eau. Dans ce cadre, les mesures suivantes figurent au premier plan :
- Augmentation de la capacité de rétention d’eau des terres arables
- Si possible : irrigation la nuit et par vent nul
- Grandes cultures : modernisation des installations d’irrigation qui peut permettre d’économiser jusqu’à 10 % d’eau (Grandes cultures résilientes au climat en 2035).
- Cultures spéciales : techniques d’irrigation telles que l’irrigation goutte à goutte ou souterraine (remarque : entraîne des coûts multiples par hectare et par an).
- Augmentation de la rétention d’eau pour compenser les besoins journaliers
- Surveillance conforme à la pratique de l’humidité du sol à l’aide de sondes afin de déterminer de manière optimale le moment de l’irrigationS15
Une FAQ sur l’irrigation des cultures spéciales est disponible sur le site web de LIEBEGG (en allemand).
Répartir les coûts d’investissement
Il est possible de répartir les coûts d’investissement en mettant sur pied des projets et des communautés d’irrigation inter-exploitations. Idéalement, les projets d’irrigation sont coordonnés à grande échelle et de manière intersectorielle. À l’avenir, les projets d’amélioration foncière devraient fournir, en plus du système de drainage, les infrastructures nécessaires pour une irrigation à la hauteur des besoins. L’exemple du Flaacherfeld, dans le canton de Zurich, où la construction en 2017 d’une installation d’irrigation commune à douze propriétaires fonciers s’est vue intégrée dans un projet d’amélioration, montre que de tels projets sont prometteurs. L’installation en question consiste en une nouvelle station de pompage d’eau du Rhin équipée de deux pompes et 4,3 km de canalisations de distribution avec raccordements aux réseaux existants. Elle permet d’irriguer 70 hectares de terresS16.
Conflits d’utilisation
Comme le changement climatique entraîne une augmentation des besoins en irrigation, des conflits d’utilisation s’accentuent et de nouvelles questions environnementales surgissent. En outre, l’eau disponible diminue à mesure que les besoins augmentent. Si le débit des ruisseaux et des rivières ne suffit plus, les cantons peuvent suspendre les autorisations de captage en vigueur. C’est pourquoi il est important, en particulier dans les zones à risque, d’associer des stratégies aux raccordements des systèmes d’irrigation pour désamorcer les éventuels conflits d’utilisation. L’irrigation étant une exigence de base pour certaines cultures, les exploitations concernées doivent avoir accès à l’eau. Autrement, nous mettons en péril la production de certaines denrées alimentaires, et donc notre auto-approvisionnement. Si les habitudes de consommation ne changent pas, cette situation n’entraînera qu’une délocalisation de la production et, par conséquent, des besoins en eau à l’étranger, où l’on utilise en grande partie de l’eau fossile.
SLOW WATER
Le projet pilote Slow Water (« ralentir l’eau»), lancé en 2024 pour une durée de six ans, a pour objectif de développer des mesures de rétention des eaux de pluie et de réduire ainsi le risque d’érosion dans les cantons de Bâle et de Lucerne. L’écoulement de l’eau de pluie doit pouvoir être ralenti et celle-ci donc mieux stockée. Le projet Slow Water est particulièrement important dans les régions qui souffrent d’un manque de précipitations et d’un grand nombre de phénomènes météorologiques extrêmes. En effet, les sols très secs ont une capacité d’infiltration minimale et ne peuvent pas absorber les précipitations des gros orages, qui transforment ensuite le sol en ruisseau et en boue. Ces situations causent d’importants dommages aux parcelles, mais aussi à leurs alentours, où les routes ou les bâtiments risquent d’être inondés. Dans le cadre du projet Slow Water, les familles paysannes travaillent donc en collaboration avec les communes. Elles sont conseillées par les centres cantonaux compétents.
Sich anpassen - was heisst das konkret?
Plantes résilientes et résistantes
Chez les plantes, chaque variété de chaque espèce a ses caractéristiques, qui la rendent par exemple plus ou moins compétitive, productive ou résistante à la sécheresse ou aux maladies. La sélection végétale se penche sur le développement d’espèces résistantes à la sécheresse et aux maladies. Mais si les espèces disponibles ne correspondent pas ou plus aux conditions locales, il est possible d’envisager la culture d’autres variétés qui présentent les caractéristiques appropriées.
Les listes de variétés de céréales ne contiennent pas d’évaluation de la tolérance à la sécheresse, mais indiquent les résistances à certaines maladies ainsi que la précocité ou l’épiaison, en plus d’autres critères quantitatifs et qualitatifs qui sont importants pour le choix des variétés à cultiverS17.
Le réchauffement planétaire représente aussi une chance de cultiver de nouvelles plantes, dont la culture était jusqu’alors impossible en Suisse en raison du climatS18. Les cultures qui résistent mieux à la sécheresse et à la chaleur deviennent particulièrement importantes. Un exemple est la patate douce, qui est aussi de plus en plus appréciée par les consommateurs et consommatrices. Ce tubercule de la famille des convolvulacées est originaire des régions chaudes d’Amérique latine. Il a besoin de beaucoup de chaleur, d’un climat doux et de longs étés pour se développer au mieux. Il existe désormais quelques exploitations qui cultivent la patate douce et la demande reste élevéeS19. Le quinoa est également de plus en plus cultivé, mais les prix bas de la marchandise étrangère rendent difficile l’écoulement de la récolte indigène.
Des cartes de température ont été développé pour aider les producteurs et productrices à choisir la variété de maïs la plus appropriéeS14:
Cartes de température pour le maïs
Pour les régions qui souffrent davantage du manque de précipitations, le sorgho, une céréale semblable au maïs, originaire d’Afrique, est particulièrement adaptée à la sécheresse. En Suisse, la plante est principalement cultivée sous forme de plante entière pour l’alimentation animale. Mais ses grains conviennent également à l’alimentation humaine. Le sorgho appartient à la famille des graminées et peut être fauché et ensilé ou pâturé. S’il en consomme les jeunes plantes, le bétail risque d'être intoxiqué par l'acide cyanhydrique. Bütikofer N. et al. (2023) fournissent une carte pour la production de sorgho qui tient compte de ses besoins en chaleurS26:
Cartes de température pour le sorgho
Ironie du sort, les gelées printanières constituent également une menace croissante, notamment pour la vigne, les arbres fruitiers et certains légumes. La faute n’en revient pas à l’augmentation des périodes de froid au printemps, mais plutôt aux hivers doux et aux températures agréables de la fin de l’hiver, qui ont un impact sur la dormance des bourgeons des plantes : ils sont réveillés trop tôt et sont donc plus vulnérables. Les mesures – la pulvérisation d’une couche de glace sur les bourgeons ou le réchauffement du microclimat de la culture – ont des effets limités et ne suffisent pas toujours. Mais si les hivers deviennent doux trop souvent et que les pertes de rendement menacent la rentabilité de l’exploitation, il peut être nécessaire de remplacer les cultures par des espèces ou des variétés plus tardives ou qui n’ont pas besoin d’une longue période de froid hivernal.
Santé des sols
Le changement climatique a des répercussions sur les sols : les risques de dessèchement et d’érosion augmentent. Le temps que met un sol à se dessécher dépend en grande partie de sa capacité à retenir l’eau. Cette capacité résulte d’une structure optimale du sol et d’une teneur suffisante en humus. Les engrais verts ainsi que les sous-semis et les cultures dérobées rendent les sols plus résistants. Ces mesures favorisent la formation d’humus, diminuent l’évaporation de surface et réduisent les risques d’érosion grâce au couvert végétal permanent. Toutefois, dans les régions où les sols ont tendance à être humides, elles peuvent augmenter le risque de compaction. Des mesures telles que le réglage de la pression des pneus, l’utilisation roues jumelées ainsi qu’une réduction du travail du sol ont des effets bénéfiques et améliorent les fonctions du sol pour compenser les extrêmes climatiques.
Les dates de semis et de récolte doivent être adaptées aux températures et à l’humidité du sol. Les printemps et les automnes humides rendent la préparation du sol difficile ; les fenêtres favorables aux semis ou aux récoltes deviennent alors parfois très courtes, voire inexistantes. Si la parcelle doit tout de même être travaillée, une bonne structure du sol permet de limiter les effets négatifs des passages.
Les principales mesures de protection du sol consistent à promouvoir une bonne stabilité structurelle et à favoriser la vie du sol. Elles comprennent la couverture permanente des sols par de la végétation, car les plantes et leurs racines servent de protection contre les précipitations qui désagrègent le sol et emportent ainsi de fines particules de terre et leurs nutriments. L’épandage de matières organiques, notamment les engrais de ferme, le compost ou les résidus de récolte, joue également un rôle très important dans l’apport de nutriments aux sols, en plus des cultures.
Le travail réduit du sol est une technique importante de l’agriculture régénérative et de l’agriculture de conservation, mais pas seulement : il consiste en moins de passages et en un travail superficiel du sol pour préserver la structure du sol. Or, sans labour, la pression des adventices augmente fortement, ce qui est généralement régulé par des herbicides. Dans l’agriculture biologique, le traitement aux herbicides n’est pas possible et cette technique représente donc un véritable défi. L’absence de labour a des effets importants sur l’équilibre biologique, physique et chimique du sol. Il peut s’écouler plusieurs années avant que le système ne trouve un nouvel équilibre. En réduisant le nombre de passages, ces techniques permettent toutefois de gagner du temps et de diminuer les émissions de CO2 générées par les machines.
Les nouvelles mesures requièrent par conséquent de la patience et du temps en attendant que de nouvelles connaissances soient acquises. En outre, il faut éventuellement adapter le parc de machines, ce qui peut représenter un investissement financier important. Une utilisation entre plusieurs exploitations permet de réduire ces coûts. Les contributions au système de production de la Confédération encouragent également les techniques culturales qui préservent le sol.
Par ailleurs, en Suisse, la rotation diversifiée des cultures est également un élément clé largement répandu, qui contribue fortement au maintien d’un sol sain et à un système de production durable.
Le changement climatique a des répercussions sur les sols : les risques de dessèchement et d’érosion augmentent. Le temps que met un sol à se dessécher dépend en grande partie de sa capacité à retenir l’eau. Cette capacité résulte d’une structure optimale du sol et d’une teneur suffisante en humus. Les engrais verts ainsi que les sous-semis et les cultures dérobées rendent les sols plus résistants. Ces mesures favorisent la formation d’humus, diminuent l’évaporation de surface et réduisent les risques d’érosion grâce au couvert végétal permanent. Toutefois, dans les régions où les sols ont tendance à être humides, elles peuvent augmenter le risque de compaction. Des mesures telles que le réglage de la pression des pneus, l’utilisation roues jumelées ainsi qu’une réduction du travail du sol ont des effets bénéfiques et améliorent les fonctions du sol pour compenser les extrêmes climatiques.
Les dates de semis et de récolte doivent être adaptées aux températures et à l’humidité du sol. Les printemps et les automnes humides rendent la préparation du sol difficile ; les fenêtres favorables aux semis ou aux récoltes deviennent alors parfois très courtes, voire inexistantes. Si la parcelle doit tout de même être travaillée, une bonne structure du sol permet de limiter les effets négatifs des passages.
Les principales mesures de protection du sol consistent à promouvoir une bonne stabilité structurelle et à favoriser la vie du sol. Elles comprennent la couverture permanente des sols par de la végétation, car les plantes et leurs racines servent de protection contre les précipitations qui désagrègent le sol et emportent ainsi de fines particules de terre et leurs nutriments. L’épandage de matières organiques, notamment les engrais de ferme, le compost ou les résidus de récolte, joue également un rôle très important dans l’apport de nutriments aux sols, en plus des cultures.
Le travail réduit du sol est une technique importante de l’agriculture régénérative et de l’agriculture de conservation, mais pas seulement : il consiste en moins de passages et en un travail superficiel du sol pour préserver la structure du sol. Or, sans labour, la pression des adventices augmente fortement, ce qui est généralement régulé par des herbicides. Dans l’agriculture biologique, le traitement aux herbicides n’est pas possible et cette technique représente donc un véritable défi. L’absence de labour a des effets importants sur l’équilibre biologique, physique et chimique du sol. Il peut s’écouler plusieurs années avant que le système ne trouve un nouvel équilibre. En réduisant le nombre de passages, ces techniques permettent toutefois de gagner du temps et de diminuer les émissions de CO2 générées par les machines.
Les nouvelles mesures requièrent par conséquent de la patience et du temps en attendant que de nouvelles connaissances soient acquises. En outre, il faut éventuellement adapter le parc de machines, ce qui peut représenter un investissement financier important. Une utilisation entre plusieurs exploitations permet de réduire ces coûts. Les contributions au système de production de la Confédération encouragent également les techniques culturales qui préservent le sol.
Par ailleurs, en Suisse, la rotation diversifiée des cultures est également un élément clé largement répandu, qui contribue fortement au maintien d’un sol sain et à un système de production durable.
Projets d’amélioration des sols
Le projet Terres vivantes mené dans le Jura et le Jura bernois permet aux agriculteurs et agricultrices de tester, pendant huit ans, des mesures d’amélioration des sols et une combinaison de mesures d’innovation. Le projet fournit ainsi des données précieuses pour la recherche et favorise l’échange d’expériences entre les agriculteurs et les agricultrices.
Le projet d’amélioration des sols Pro Agricultura (en allemand) s’intéresse pour sa part à la disparition de la tourbe dans les anciennes zones marécageuses asséchées et teste des mesures d’amélioration pour garantir la gestion de ces zones menacées.
Nouvelles techniques culturales et nouveaux systèmes de production
Les défis rencontrés dans le contexte du changement climatique incitent à la recherche de nouvelles techniques et font souvent redécouvrir d’anciennes. Les cultures associées et l’agroforesterie en sont des exemples.
Les cultures associées suscitent un regain d’intérêt et font l’objet de nombreux travaux de recherche. La culture simultanée de plantes peut avoir certains avantages, notamment en ce qui concerne la disponibilité des nutriments dans le sol, la lutte contre les ravageurs ou la réduction des adventices. Même si les cultures associées sont utilisées depuis toujours dans les prairies, la culture pure s’est imposée pour le reste.
Il existe différents types de cultures associées. Les espèces végétales peuvent être semées ensemble ou de manière décalée et récoltées en même temps, par exemple une céréale avec une légumineuse (orge/pois). Parfois, d’autres espèces végétales sont aussi utilisées comme sous-semis d’une culture principale afin d’attirer les parasites, de couvrir le sol ou de favoriser l’absorption des nutriments. Le colza associé en est un exemple.
Des essais ont en outre montré que la culture associée de maïs et de sorgho permettait de récolter un fourrage de qualité grâce au maïs et abondant grâce au sorgho, ainsi que d’assurer un rendement suffisant en cas de sécheresse.
L’agroforesterie est une combinaison de l’agriculture et de la sylviculture et consiste en la culture d’arbres ou d’arbustes sur des terres cultivables ou des prairies au sein de parcelles (voir également chap. Anpassungsmassnahmen - Ackerbau). L’agroforesterie participe de manière efficace à l’adaptation à des conditions plus chaudes et plus sèches. Ce système de gestion des terres utilise plus efficacement les nutriments, l’eau et la lumière. L’ombre des arbres réduit les températures de manière ciblée. Le réseau racinaire profond a aussi la capacité de capter l’eau présente dans les horizons inférieurs, ce dont profitent alors les cultures, comme les petits fruits et les céréales. Cette propriété permet aussi d’augmenter la formation d’humus, améliorant la capacité de rétention des sols de manière considérable et rendant ceux-ci plus résistants à la sécheresse.
Les cultures associées typiques en Suisse, telles que les arbres à haute tige dans les prairies ou les pâturages, sont également comprises dans l’agroforesterie. On intègre désormais aussi des arbres dans des parcelles de culture. Les haies fourragères en sont un exemple.
L’introduction d’un système agroforestier sur des terres cultivables doit être bien réfléchi, voici quelques aspects à prendre en considération :
- Les rangées d’arbres occupent une certaine proportion du sol et réduisent ainsi la surface cultivée.
- Pour les arbres fruitiers, la question de la récolte et de sa valorisation se pose.
- Pour que les travaux de culture puissent être réalisés de manière rentable et efficace, la largeur des sections entre les arbres doit être un multiple de la largeur des machines. Ces dernières sont en général de taille différente d’une exploitation à l’autre ou selon la culture au sein d’une même exploitation. De plus, les largeurs des machines évoluent avec le temps, ce qui pourrait entrer en conflit avec le placement des arbres.
- Une charge de travail supplémentaire liée à la gestion des bandes d’arbres vient s’ajouter (fauche, entretien des arbres, récolte, traitement et vente de la récolte).
Biodiversité
Par biodiversité, on entend la diversité des habitats, des espèces et des gènes. Un environnement diversifié est plus résilient, s’adapte mieux aux conditions changeantes et peut mieux réagir aux influences environnementales. Moins il y a d’écosystèmes, plus il manque d’espèces, plus l’éventail génétique est étroit et plus notre environnement et nous-mêmes sommes vulnérables au changement climatique. La promotion de la biodiversité fait partie des prestations écologiques requises, dont le respect conditionne à son tour l’obtention de paiements directs. Les exploitations doivent convertir 7 % de leur surface agricole utile en surfaces de promotion de la biodiversité (SPB). Le fait que la moyenne de SPB de toutes les exploitations soit de 19 % montre que la préservation et la promotion de la biodiversité est aussi une préoccupation des familles paysannes suisses.
En apprendre plus au sujet de la biodiversité : Zoom numérique «Biodiversité»
Assurances
Les assurances contre les pertes de récoltes en cas d’évènements climatiques exceptionnels sont un soutien bienvenu en période d’incertitude. Peuvent être assurées contre la grêle, le gel, la sécheresse ou l’engorgement des surfaces/cultures dans les domaines des grandes cultures, des cultures maraîchères, des herbages, des fruits et baies, du tabac ou de la viticulture. Les cheptels peuvent être assurés contre les maladies vétérinaires. Pour certaines cultures, comme les pommes de terre, les investissements sont si importants (irrigation, plants, infrastructure) qu’elles ne seraient pratiquement plus cultivées sans assurance.
Comme pour toutes les assurances, les primes s’appuient sur l’évaluation des risques et peuvent grimper si les dommages augmentent. Elles représentent donc des coûts supplémentaires pour les familles paysannes. En outre, les dommages causés par la sécheresse par exemple risquent de survenir au même moment dans toute la Suisse, ce qui met encore plus sous pression le système d’assurance. C’est pourquoi la Confédération subventionnera les assurances récolte à partir de 2025.

